Alfa Romeo

Alfa Romeo
La firme Alfa-Roméo, dont le nom est une association du sigle ALFA (Anonima Lombarda Fabbrica Automobili) et de celui du créateur de la firme, dénommé Nicola Roméo, fut créée à Portello, aux portes de Milan, en 1910. Cette firme s’attacha à produire en petite quantité des modèles de grande classe alliée à une aura de sportivité. Les Alfa-Roméo remportèrent un glorieux palmarès pendant une bonne quarantaine d’années (Targa Florio, Brescia, Mugello, Coppa delle Alpi, Mille Miglia, Grand Prix, etc...).
Les modèles d’avant-guerre furent des modèles élitistes réservés à des clients triés sur le volet. La démocratisation de la firme eut lieu en 1950, lorsque sortit la 1900, produite à 30 000 exemplaires de 1950 à 1958, mais plus encore avec la Giulietta sortie en 1955, produite à 300 000 exemplaires entre 1955 et 1962, dont 45 000 coupés réalisés par le fameux carrossier italien Bertone. Giulietta faisait un jeu de mot avec le nom Roméo de la marque. Les italiens restent d’incorrigibles romantiques.
La 1900 fut remplacée par la 2000 en 1958, qui fut produite à 40 000 exemplaires de 1958 à 1968. La Giulietta quant à elle fut remplacée en 1962 par la Giulia, le grand succès Alfa des années 60 (750 000 exemplaires de 1962 à 1977) qui inaugura la nouvelle usine d’Arese. En 1967, la 1750/2000 succédait à la 2000. Cette voiture élégante fut produite à 300 000 exemplaires de 1967 à 1979. Parallèlement, Alfa-Roméo continuait à livrer des châssis nus aux carrossiers Bertone, Pininfarina et Zagato, afin de donner naissance à des voitures exclusives.
La firme milanaise étant nationalisée depuis 1933, sous le régime de Mussolini, l’Etat italien lui imposa à la fin des années 60, la construction d’une usine dans le sud du pays, près de Naples, région qui était alors dépourvue d’industrie automobile, afin d’y produire en grand nombre un modèle populaire de petite cylindrée. Ce projet permettait d’enrichir une région jusqu’alors très pauvre, et de doubler le volume de production d’Alfa-Roméo. Une nouvelle démocratisation devait donc avoir lieu chez le constructeur milanais.
Ce modèle de grande diffusion sortit en 1971 : ce fut l’Alfasud, dont le nom de baptême insistait sur le fait que cette Alfa était produite dans le sud de l’Italie. Cette voiture connut un certain succès, puisqu’un million d’exemplaires furent produits de 1971 à 1983. Mais les objectifs de la firme étaient beaucoup plus importants.
L’Alfetta fut lancée en 1972 pour succéder à la Giulia. Elle reprenait le nom d’un ancienne Alfa de course, et 600 000 exemplaires sortirent des usines de Portello de 1972 à 1984. La Giulietta, deuxième du nom, fut ajoutée à la gamme en 1977, dans le même segment de gamme (400 000 exemplaires de 1977 à 1985). L’Alfa 75 succéda à ces deux modèles en 1985. Elle fêtait le 75e anniversaire de la marque (400 000 exemplaires de 1985 à 1992).
L’Alfasud fut remplacée en 1983 par l’Alfa 33 qui reprenait le nom d’une ancienne Alfa de course. Ce nouveau modèle n’atteignit pas tout à fait le million d’exemplaires. Par rapport à l’Alfasud, c’était un recul. L’Alfa 90 lancée en 1984 fut un échec (50 000 exemplaires de 1984 à 1987), tout comme l’Alfa Six (15 000 exemplaires). L’Etat italien ayant des difficultés à développer la marque dont il était le propriétaire, annonça en 1986 qu’il désirait s’en séparer.
F.I.A.T. accepta de reprendre la firme milanaise. Cette solution fut préférée au rachat par le constructeur japonais Nissan qui s’était montré très intéressé. Alfa-Roméo devint donc en 1986 une des composantes du groupe F.I.A.T. Un an plus tard, fut lancée l’Alfa 164, élégante berline dessinée par Pininfarina, qui succédait à l’Alfa 90. L’Alfa 164 reprenait la plate-forme de la Fiat Croma lancée deux ans plus tôt, et fut produite à près de 300 000 exemplaires de 1987 à 1998, date à laquelle elle fut remplacée par la 166.
En 1991, sortit l’Alfa 155 qui prenait la suite de l’Alfa 75. Cette voiture qui reprenait la plate-forme des Fiat Tempra et Lancia Dedra, fut produite à 200 000 exemplaires de 1991 à 1997, date à laquelle elle fut remplacée par la 156. En 1994, apparaissaient les Alfa 145/146 qui succédaient à l’Alfa 33. La même année, Alfa renouait enfin avec son glorieux passé en lançant de magnifiques coupé et spider dessinés par Pininfarina. Au sein du groupe F.I.A.T., la firme Alfa-Roméo représente aujourd’hui avec éclat la marque sportive.
Source: Mavel - Automotive statistics & Forecasts